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    Accueil/Les Dossiers/Atlas
    Eglise St François Régis 14/05/2006 - Lu 5166 fois
    Site religieux - Hommage au Père Emmanuel


    Eglise St Régis - Hommage au Père Emmanuel Ruiz

    L’Eglise St François Régis était située avenue Jouffray (actuel : axe rue de Sidi Brahim – avenue Ibn Al Khatin), près de l’école primaire Jean Fabre (Ecole Dar Debibah) et face à l’ex rue d’Anjou. Elle a été construite en 1951. Son architecture était déjà dans le style les églises des années 1970 en France, carrée, une croix, un clocher et un presbytère flanqué sur le côté longueur.


    Mais l’intérêt ne résidait pas dans son style mais surtout parce qu’elle avait un grand terrain sur lequel on trouvait : terrain de basket, mini terrain de foot (sur lequel nous refaisions les matchs de coupe du monde de 1958 – souvenirs de Pelé, Just Fontaine, …), terrains de jeux de boules (la longue) du Clos de St Régis, salles de réunions, de bals …Les scouts y avaient installé les « parcours du combattant. ».


    Mais toutes ces infrastructures n’auraient pas eu le succès mérité sans celui qui a été un personnage clé du quartier de l’Atlas, le Père Emmanuel Ruiz.
     

     

     

     Nous voulons ici lui rendre un hommage. Fin des années 40, on lui confia la construction de l’église dans un quartier nouveau réputé turbulent. Il pensa au début que les fidèles allaient remplir son église. Mais hélas il fit un constat : peu de fidèles et très peu d’enfants inscrits à l’enseignement religieux. Pire lorsqu’il traversait la rue d’Anjou au début il était très mal accueilli et même insulté.  Il confia, bien plus tard au webmaster de votre site actuel, qu’il déclara à l’Evêque de Rabat « Monseigneur, ce n’est pas un prêtre qu’il vous faut mais un missionnaire. » En effet dans le quartier cohabitaient anciens réfugiés Républicains espagnols, des italiens pro mussoliniens, juifs, chrétiens, musulmans, portugais, français de Métropole représentés par des familles de la Gendarmerie Mobile etc … L’Histoire dira peut être comment tout ce monde a développé un sens civique et de l’amitié. Mais ceci est un autre débat …

    Le Père Emmanuel Ruiz a su réunir parmi les chrétiens, sinon tous les parents dans son église mais certainement les enfants. Il a su pratiquer un enseignement religieux strict, sans concession mais aussi une action profonde sociale basée sur la pratique du sport, le développement des qualités morales et aussi du courage. Il nous apprenait comment vaincre notre peur, concrètement dans l’action. Il a su développer l’esprit de solidarité et de charité par l’action personnelle. Son presbytère était toujours ouvert. Il arbitrait des conflits, soutenait moralement ceux qui en avaient besoin. Il était toujours de bonne humeur, bon, ouvert  et positif. Comme le disait le prêtre qui lui a rendu hommage lors de ses obsèques « Il a été un père pour les uns, un frère pour d’autres et un prêtre pour tous. ». Ceci était une reconnaissance parce qu’il recevait les croyants, les non croyants, et les non chrétiens.

     

     

    Près de 20 ans après sa mort et par internet nous souhaitions témoigner. Même après cette période, peu de personnes connaissent son parcours. L’homme était discret sur son passé. Les qualités de courage et de noblesse d’âme qui l’animaient, il les avait apprises dès son jeune âge en Algérie.

    Fils de famille Pieds Noirs, il est né, à Aïn Témouchent en Oranie, en 1910. En 1925, il entra au Collège Franciscain de Monte-Carlo où il fit ses études secondaires. Puis, après le Noviciat et le Service Militaire, il se prépare au Sacerdoce, pendant six ans, au Séminaire Franciscain de Nîmes.
    Ordonné prêtre en avril 1935, il est envoyé au Maroc en août de la même année, comme vicaire à Oujda.
    En 1942, il fut de nouveau mobilisé et fut nommé aumônier du 5ème Régiment de Tirailleurs Marocains. Il participa aux campagnes d’Italie, de France, mais aussi à la Campagne d’Allemagne. Il donna là toute sa mesure et fut apprécié de tous.

     La mort ne pouvait lui faire peur, car il l’avait côtoyée. Spécialement durant la 2 ème Guerre Mondiale, lors de la campagne d’Italie, où, comme Aumônier Régimentaire, il dû rendre souvent les derniers devoirs à de nombreuses victimes, tant civiles que militaires. Parmi ces dernières, il y avait non seulement des chrétiens, mais également –après les combats meurtriers de Monte Cassino – des musulmans marocains. Les musulmans  survivants, reconnaissant au Père Emmanuel un homme religieux et qui parlait leur langue, lui avaient demandé d’être présent pour enterrer dignement leurs morts selon leur coutume.

     

    On comprend dès lors que s’il y eut jamais une distinction bien méritée, ce fut celle que ses chefs militaires lui décernèrent en mai 1945 à l’issue de la campagne de France, sous forme de citation à l’ordre de la Division, citation comportant l’attribution de la croix de Guerre avec étoile d’argent.
    « Aumônier d’une haute valeur morale et d’une conscience hors pair. Lors des opérations du passage du Rhin le 30 mars 1945, a été une fois de plus un modèle de courage … parcourant sans cesse la ligne de feu malgré les balles et les mines, pour réconforter les hommes par sa présence… A tenu à assurer lui-même le ravitaillement de l’élément le plus exposé »
    Cette citation est signée du Général Goislard de Monsabert.

    La guerre terminée il reprend son activité, d’abord quelques temps à Oujda, mais il sera vite appelé à être vicaire dans une ville en pleine expansion Casablanca à l’église Notre Dame de Lourdes, paroisse principale.
    Ensuite ce fût son arrivée à Fès.
    L’église St Régis fût démolie dans les années 1970. Les départs des habitants du quartier, rendaient cette église « inhabitée » et des processions grandioses entre St François et St Régis (5 Kms) il ne restait plus rien.


    Mais il reste fermement pour beaucoup d’entre nous ce qu’il nous a appris, et cela c’est très fort.


    Le Père Emmanuel est décédé le jeudi  22 octobre 1987 près de Aix en Provence

    Quelques photos des processions organisées à l'église St Régis dans les années 1950. On reconnait sur le photo ci dessous, notre adhérent Ignace en tête des enfants de coeur.

     
     


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